La menace grandissante des débris spatiaux : un enjeu planétaire
Photo de SpaceX sur Unsplash

La menace grandissante des débris spatiaux : un enjeu planétaire

Imaginez que tout à coup, un objet étrange tombe sur le toit de votre maison. Imaginez-vous sortir de chez vous pour voir ce qui se passe, pour découvrir un objet de 700g, provenant de nulle part, s’écraser sur votre maison. C’est ce qui est arrivé à un homme en Floride il y a quelques jours. Et devinez d’où venait cet objet mystérieux ? Rien de moins que la Station Spatiale Internationale.

En effet, la NASA a confirmé que cet objet provenait d’un débris spatial. Un débris de seulement 10 cm de long, mais qui a suffi pour causer des dommages considérables. Avec une telle force de chute, même un petit objet peut causer des dégâts importants.

Et cela soulève plusieurs questions importantes : qui est responsable de ces objets fabriqués par l’homme qui tombent du ciel ? Et surtout, peut-on faire quelque chose pour empêcher cela de se produire ?

Heureusement, les traités internationaux ont prévu des réponses pour cette situation. Le Traité de 1967 sur l’Espace Extra-Atmosphérique stipule que le pays qui a autorisé le lancement est responsable des dommages causés à des personnes ou à des biens sur Terre. De plus, la Convention des Nations Unies sur la Responsabilité, entrée en vigueur en 1972, rend également cette responsabilité absolue pour les dommages causés sur Terre ou aux avions en vol. Cela signifie que la responsabilité s’applique quelque soit la faute commise. De plus, les pays sont également responsables des engins spatiaux lancés par des entreprises privées, conformément à l’article 6 du Traité sur l’Espace Extra-Atmosphérique qui les rend responsables des activités de leurs citoyens dans l’espace.

Ainsi, si un débris spatial lancé par un pays atterrit dans un autre pays, l’État lanceur est responsable de toute compensation financière pour les dommages causés. Cependant, cela soulève également la question de savoir que faire avec ces objets en orbite terrestre. Tout objet en orbite finira par tomber vers la Terre, qu’il soit actif ou inactif. Les satellites actifs effectuent un “maintien à poste” pour rester sur leur orbite prévue. Mais les satellites inactifs, eux, ne peuvent pas accomplir cette tâche. Leur orbite diminuera progressivement jusqu’à ce qu’ils rentrent dans l’atmosphère terrestre. C’est là que la prudence et la bonne gestion entrent en jeu.

Lorsqu’un satellite actif arrive en fin de vie, il existe deux options principales. La première consiste à le déplacer vers une orbite plus élevée, appelée “orbite cimetière”, pour retarder sa rentrée dans l’atmosphère pendant des centaines voire des milliers d’années. L’autre option consiste à réorienter le satellite pour qu’il rentre de manière contrôlée dans l’atmosphère et brûle complètement ou ne cause que des dommages minimes au sol. Cependant, certains objets spatiaux peuvent encore subir une rentrée imprévue dans l’atmosphère en raison de dysfonctionnements ou de dommages. Et dans de tels cas, ils peuvent atterrir n’importe où sur Terre.

Bien sûr, la Terre est grande et le risque qu’un objet spatial cause des dommages est faible. De plus, il doit également survivre à la chaleur intense de la rentrée dans l’atmosphère, ce qui entraîne la combustion de nombreux débris. Cependant, il arrive que des débris spatiaux atteignent le sol. Certains, comme les débris de Skylab, première station spatiale américaine, se sont écrasés dans l’ouest de l’Australie en 1979 sans causer de dommages. Mais d’autres cas ont été plus dangereux, comme le satellite soviétique Cosmos 954, qui a répandu des débris radioactifs sur le Canada lors de sa rentrée en janvier 1978. Le nettoyage a coûté 14 millions de dollars canadiens au gouvernement canadien, mais l’Union soviétique a seulement remboursé 3 millions de dollars. Cela montre les limites du droit international et de la responsabilité des pays en cas de dommages causés par des débris spatiaux.

Cependant, cet incident en Floride, qui impliquait un débris spatial américain et des dommages causés sur le sol américain, ne met pas à l’épreuve les traités spatiaux mais plutôt la juridiction américaine. Pourtant, cela souligne les risques juridiques liés à la prolifération des objets spatiaux sans une planification adéquate pour leur fin de vie. Sachez que plus il y a d’objets en orbite, plus il y en aura qui reviendront vers la Terre. Ainsi, il est essentiel de mettre en place des mesures pour réduire les risques.

Deux séries de lignes directrices des Nations Unies ont été élaborées pour résoudre ce problème croissant des débris spatiaux. Et l’une des principales mesures consiste à élaborer des plans de fin de vie pour les objets spatiaux, tels que les satellites. Bien que ces lignes directrices ne soient pas contraignantes, il est dans l’intérêt des États de s’y conformer pour réduire les risques de dommages et pour garantir une rentrée contrôlée dans l’atmosphère.

Alors, quel est le risque qu’un débris spatial s’écrase sur votre maison ? Très faible. Mais avec le lancement constant de nouveaux engins spatiaux, ce risque pourrait augmenter. Heureusement, des efforts sont faits pour résoudre ce problème qui va à l’avenir devenir récurrent, ce qui permettra de réduire les risques pour les personnes et les biens.

Source : theconversation

À propos Kamleu Noumi Emeric

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