<h2 class="wp-block-heading">Depuis 50 ans, on croyait avoir tout compris. On avait tort.</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe des découvertes scientifiques qui raffinent notre compréhension du vivant. Et puis il y en a d&rsquo;autres, bien plus rares, qui la remettent entièrement en cause.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22 avril 2026, une étude publiée dans la revue <strong>Nature</strong> appartient à cette deuxième catégorie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des chercheurs australiens du <strong>WEHI</strong>, l&rsquo;Institut Walter et Eliza Hall de recherche médicale à Melbourne, viennent de démontrer que notre corps possède un mécanisme de contrôle du sucre stocké que personne n&rsquo;avait jamais détecté. Un mécanisme qui fonctionnait discrètement dans chacune de nos cellules depuis des millions d&rsquo;années d&rsquo;évolution, sans que la science ait eu les outils nécessaires pour le voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le professeur David Komander, directeur de la division de signalisation de l&rsquo;ubiquitine au WEHI et co-auteur principal de l&rsquo;étude, le verdict est sans appel : <em>« Il est fort probable que les manuels de biologie devront être mis à jour suite à nos découvertes. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des manuels de biologie, pas des articles de recherche de niche. Des manuels, les livres que les étudiants en médecine, en biochimie et en physiologie parcourent depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est là qu&rsquo;on mesure l&rsquo;ampleur de ce qui vient d&rsquo;être découvert.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les bases : comprendre le glycogène avant d&rsquo;aller plus loin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour saisir pourquoi cette découverte est importante, il faut d&rsquo;abord comprendre ce qu&rsquo;est le glycogène et pourquoi son contrôle est si crucial pour notre santé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le glycogène : le réservoir d&rsquo;énergie de votre corps</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Quand vous mangez des glucides, du pain, du riz, des fruits, des sucreries, votre corps décompose ces aliments en glucose, la forme la plus simple de sucre. Ce glucose circule dans le sang (c&rsquo;est la fameuse « glycémie »), et une partie est immédiatement utilisée par les cellules pour produire de l&rsquo;énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais que se passe-t-il avec l&rsquo;excédent ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Votre corps est prévoyant. Il stocke cet excédent de glucose sous une forme condensée et compacte : le <strong>glycogène</strong>. Imaginez le glycogène comme une chaîne très longue, composée de milliers d&rsquo;unités de glucose accrochées les unes aux autres, formant une molécule que votre corps peut « défaire » rapidement quand il a besoin d&rsquo;énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce glycogène est principalement stocké dans deux endroits :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le foie</strong> : qui gère le glycogène pour l&rsquo;ensemble de l&rsquo;organisme, c&rsquo;est le régulateur central de la glycémie sanguine.</li>



<li><strong>Les muscles squelettiques</strong> : qui conservent leur propre réserve de glycogène, disponible exclusivement pour le travail musculaire.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Quand vous jeûnez, que vous faites de l&rsquo;exercice intense, ou que votre glycémie baisse, votre foie puise dans ses réserves de glycogène et libère du glucose dans le sang pour maintenir l&rsquo;énergie disponible. C&rsquo;est un système de tampon biologique extraordinairement efficace.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi son dérèglement cause tant de maladies</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème survient quand ce système de stockage et de déstockage se dérègle.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Dans le <strong>diabète de type 2</strong>, les cellules deviennent résistantes à l&rsquo;insuline, l&rsquo;hormone qui déclenche le stockage du glucose. Du coup, le sucre reste dans le sang à des niveaux trop élevés, ce qui endommage progressivement les vaisseaux sanguins, les reins, les yeux et les nerfs.</li>



<li>Dans l&rsquo;<strong>obésité et les maladies hépatiques non alcooliques</strong>, l&rsquo;excès de glycogène accumulé dans le foie contribue à l&rsquo;inflammation et à la stéatose hépatique (le « foie gras »).</li>



<li>Dans les <strong>maladies cardiaques</strong>, le métabolisme du glycogène joue un rôle dans la résistance des cellules cardiaques à l&rsquo;ischémie (manque d&rsquo;oxygène).</li>



<li>Dans les <strong>glycogénoses</strong> (maladies de surcharge glycémique), des mutations génétiques empêchent le corps de dégrader correctement le glycogène. Ces maladies rares comme la maladie de Pompe, la maladie de McArdle, ou la maladie de Cori, peuvent être dévastatrices et, pour beaucoup d&rsquo;entre elles, il n&rsquo;existe encore aucun traitement efficace.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu&rsquo;à la publication de cette étude, tous les traitements disponibles agissaient <em>indirectement</em> sur le glycogène en modulant les hormones (insuline, glucagon) qui signalent à l&rsquo;organisme de stocker ou de libérer du sucre. Personne ne savait comment cibler le glycogène <em>directement</em>, à la source.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le héros méconnu : qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;ubiquitine ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici qu&rsquo;entre en scène la protéine au cœur de cette découverte : l&rsquo;<strong>ubiquitine</strong>. Un nom qui ne vous dit probablement rien, et pourtant il s&rsquo;agit de l&rsquo;une des protéines les plus importantes de votre organisme.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;ubiquitine : le système de tri cellulaire universel</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Votre corps produit des milliers de protéines différentes chaque seconde. Comme toute machinerie complexe, certaines de ces protéines finissent par être défectueuses, endommagées, mal repliées, ou simplement devenues inutiles. Que fait votre corps avec ces déchets protéiques ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il envoie l&rsquo;ubiquitine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ubiquitine se fixe aux protéines défectueuses comme une <strong>étiquette de tri</strong>, un marquage moléculaire qui dit, en substance : « Cette protéine est à recycler. » Une fois marquée par une ou plusieurs molécules d&rsquo;ubiquitine, la protéine est conduite vers le <strong>protéasome</strong> (un complexe enzymatique qui fonctionne comme un broyeur moléculaire) ou vers les <strong>lysosomes</strong> (des compartiments cellulaires qui digèrent les déchets).</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un système extraordinairement sophistiqué, tellement fondamental qu&rsquo;il est présent dans toutes les formes de vie eucaryotes : des levures jusqu&rsquo;aux êtres humains. Sa découverte a d&rsquo;ailleurs valu le <strong>Prix Nobel de Chimie 2004</strong> à Aaron Ciechanover, Avram Hershko et Irwin Rose.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que la science croyait savoir jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La biologie avait établi un dogme bien rodé depuis des décennies : l&rsquo;ubiquitine se fixe aux <strong>protéines</strong>. C&rsquo;est sa spécialité. C&rsquo;est sa raison d&rsquo;être.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce dogme était si solidement ancré qu&rsquo;il définissait tout un champ de recherche : l&rsquo;<strong>ubiquitinomique</strong>, l&rsquo;étude des protéines marquées par l&rsquo;ubiquitine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème ? Tous les outils développés pour étudier l&rsquo;ubiquitinomique étaient conçus pour détecter les modifications des protéines. Si l&rsquo;ubiquitine se fixait sur autre chose que des protéines, ces outils ne pouvaient tout simplement pas le voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;était un angle mort scientifique. Un territoire inexploré que personne n&rsquo;avait la technologie d&rsquo;explorer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La découverte : l&rsquo;ubiquitine se fixe aussi aux sucres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et voilà ce que les chercheurs du WEHI ont découvert, au terme de quatre années de développement technologique acharné.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une anomalie qui défie le sens commun</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Pr Komander et son équipe avaient des raisons théoriques de suspecter que l&rsquo;ubiquitine pourrait agir au-delà des protéines. Mais encore fallait-il le démontrer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dr Simon Cobbold, co-auteur principal, décrit l&rsquo;ampleur de ce qu&rsquo;ils ont trouvé avec une métaphore qui dit tout : c&rsquo;est <em>« comme de découvrir qu&rsquo;un outil conçu exclusivement pour le métal peut aussi façonner le verre »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En termes biologiques : l&rsquo;ubiquitine peut se fixer sur le <strong>glycogène</strong> : un sucre, pas une protéine. Elle peut « tagguer » cette molécule de stockage du sucre de la même manière qu&rsquo;elle taggue des protéines endommagées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce marquage a une fonction directe : quand l&rsquo;ubiquitine se fixe au glycogène, elle déclenche son <strong>transport vers les lysosomes</strong>, les compartiments cellulaires responsables de la dégradation. En clair : l&rsquo;ubiquitine peut activer une dégradation directe du glycogène, sans passer par les voies hormonales habituelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>C&rsquo;est une seconde voie de contrôle du glycogène, probablement à la demande.</em> Voilà ce que les chercheurs ont identifié.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La preuve par l&rsquo;expérience : souris à jeun et souris nourries</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le moment le plus frappant de l&rsquo;étude, l&rsquo;équipe a utilisé sa nouvelle technique pour observer en temps réel comment l&rsquo;ubiquitine interagit avec le glycogène dans les foies de souris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat : pendant le <strong>jeûne</strong>, quand les souris ont besoin d&rsquo;énergie et que leurs réserves de glycogène s&rsquo;épuisent, la présence d&rsquo;ubiquitine « taguant » le glycogène restant <strong>augmente fortement</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas une corrélation accidentelle. C&rsquo;est un signal biologique actif : en période de besoin énergétique, l&rsquo;ubiquitine intervient pour accélérer la dégradation du glycogène. Elle fait partie intégrante du système de régulation que le corps utilise pour gérer ses réserves d&rsquo;énergie en temps réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Encore plus parlant : quand les chercheurs ont artificiellement augmenté l&rsquo;ubiquitination du glycogène dans des cellules humaines en laboratoire, <strong>les niveaux de glycogène ont effectivement diminué</strong>. La preuve fonctionnelle était là.</p>



<h2 class="wp-block-heading">NoPro-clipping : l&rsquo;instrument qui a rendu l&rsquo;invisible visible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette découverte n&rsquo;aurait pas été possible sans un outil révolutionnaire développé spécifiquement pour la rendre possible : le <strong>NoPro-clipping</strong>. C&rsquo;est peut-être l&rsquo;aspect le plus fascinant de cette histoire, une découverte biologique majeure rendue possible par une innovation technique tout aussi majeure.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quatre ans de développement pour voir l&rsquo;invisible</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Créé au fil de quatre années de travail par le Dr Cobbold, le Pr Komander et le premier auteur de l&rsquo;étude, <strong>Marco Jochem</strong> (doctorant au WEHI), le NoPro-clipping est une technique de spectrométrie de masse qui combine deux étapes enzymatiques ingénieuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Étape 1 : Clippage de l&rsquo;ubiquitine :</strong> Une enzyme bactérienne appelée <strong>BpJOS</strong> (baptisée « ubiquitine clippase ») vient couper l&rsquo;ubiquitine de ses substrats non-protéiques. Cette coupure convertit les liaisons ubiquitine-glycogène en résidus de <strong>diglycine</strong>, un signal chimique détectable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Étape 2 : Marquage par Sortase A :</strong> Un petit peptide est ensuite attaché à ces résidus de diglycine grâce à une autre enzyme, <strong>Sortase A</strong>. Ce marquage transforme des molécules qui seraient normalement « invisibles » aux instruments d&rsquo;analyse en espèces clairement détectables par la spectrométrie de masse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En combinant ces deux étapes, le NoPro-clipping permet de détecter et quantifier n&rsquo;importe quelle molécule ubiquitinée qu&rsquo;elle soit une protéine, un sucre, un lipide, ou un nucléotide.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La spectrométrie de masse : l&rsquo;œil de l&rsquo;infiniment petit</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les non-initiés, la <strong>spectrométrie de masse</strong> est un instrument d&rsquo;analyse chimique qui peut identifier et quantifier des molécules avec une précision extrême, en mesurant leur masse et leur charge électrique. C&rsquo;est l&rsquo;équivalent d&rsquo;un scanner qui peut lire l&#8217;empreinte digitale de chaque molécule présente dans un échantillon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Combiné au NoPro-clipping, c&rsquo;est comme avoir soudainement des lunettes à infrarouge dans un monde où on ne voyait qu&rsquo;en lumière visible.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des découvertes qui vont bien au-delà du glycogène</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La polyvalence du NoPro-clipping est peut-être encore plus révolutionnaire que la découverte initiale sur le glycogène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marco Jochem l&rsquo;explique avec enthousiasme : <em>« Non seulement nous pouvons l&rsquo;utiliser pour détecter le glycogène ubiquitiné, nous pouvons aussi découvrir des métabolites ubiquitinés comme le glycérol et la spermine, que nous avons découverts pour la première fois dans toutes nos cellules. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le glycérol. La spermine. Des molécules présentes dans toutes nos cellules, ubiquitinées par un processus que personne n&rsquo;avait jamais observé auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Notre découverte réécrit les règles fondamentales de la biologie et de la signalisation de l&rsquo;ubiquitine. Et je suis sûr que nous n&rsquo;avons fait qu&rsquo;effleurer la surface. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Implications médicales : une cible thérapeutique enfin accessible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà la question que tout le monde se pose à ce stade : est-ce que cette découverte peut déboucher sur de vrais traitements ? Et pour qui ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">La limite fondamentale des traitements actuels</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre l&rsquo;importance thérapeutique de cette découverte, le Pr Komander a fait référence à un médicament que tout le monde connaît aujourd&rsquo;hui : <strong>l&rsquo;Ozempic</strong> (sémaglutide).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Ozempic est un GLP-1 agoniste, un médicament qui mime une hormone intestinale pour réguler la glycémie et réduire l&rsquo;appétit. Il est révolutionnaire dans la gestion du diabète de type 2 et de l&rsquo;obésité. Mais il agit <em>indirectement</em> en envoyant des signaux hormonaux qui incitent le pancréas à produire plus d&rsquo;insuline et le foie à réduire sa production de glucose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l&rsquo;Ozempic ne peut pas faire : cibler directement le glycogène accumulé dans les cellules. Agir directement à la source du problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Sans pouvoir réguler le glycogène lui-même, il est difficile de lutter contre son accumulation, à l&rsquo;origine de nombreuses maladies »</em>, explique le Pr Komander. <em>« C&rsquo;est pourquoi notre étude est si prometteuse. Nous avons trouvé un moyen d&rsquo;agir directement à la source. »</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Les pathologies qui pourraient bénéficier de cette découverte</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les glycogénoses rares :</strong> Ce sont des maladies héréditaires causées par des mutations dans les gènes codant pour les enzymes impliquées dans le métabolisme du glycogène. Dans ces maladies, le glycogène s&rsquo;accumule de façon pathologique dans les organes principalement le foie, les muscles et le cœur. La plupart n&rsquo;ont pas de traitement efficace disponible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle voie identifiée, l&rsquo;ubiquitination, pourrait permettre de contourner l&rsquo;enzyme défaillante et de dégrader le glycogène accumulé par une route alternative.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le diabète de type 2 :</strong> Un contrôle plus fin du glycogène hépatique pourrait améliorer la régulation de la glycémie à jeun, qui reste problématique dans le diabète de type 2 même avec les traitements actuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les maladies hépatiques non alcooliques (NAFLD/NASH) :</strong> L&rsquo;accumulation de glycogène dans le foie contribue à la progression de la stéatose hépatique. Une approche qui réduit directement ce stockage excessif pourrait ralentir la progression de la maladie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les maladies cardiaques :</strong> Le glycogène joue un rôle dans le métabolisme énergétique des cellules cardiaques. Mieux comprendre et potentiellement moduler ce métabolisme pourrait ouvrir des pistes dans les cardiopathies ischémiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le chemin vers les médicaments : réalisme et espoir</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette découverte ne se traduira pas en médicaments demain matin. Le chemin de la découverte fondamentale jusqu&rsquo;au médicament disponible en pharmacie prend généralement entre <strong>10 et 20 ans</strong>, et implique des phases successives de recherche préclinique, d&rsquo;essais cliniques de phases I, II et III, et de validation réglementaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que cette étude apporte, c&rsquo;est la <strong>cible thérapeutique</strong>, la connaissance d&rsquo;un mécanisme biologique précis qu&rsquo;on peut maintenant chercher à moduler avec des médicaments. Et disposer d&rsquo;une cible claire est la condition sine qua non pour commencer à développer des thérapies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La collaboration internationale derrière la découverte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette percée n&rsquo;est pas le fruit d&rsquo;un seul laboratoire travaillant en vase clos. L&rsquo;étude est le résultat d&rsquo;une collaboration entre :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le <strong>WEHI</strong> (Walter and Eliza Hall Institute of Medical Research, Melbourne, Australie) : institution fondatrice de l&rsquo;étude.</li>



<li>L&rsquo;<strong>Université de Melbourne</strong> (Australie).</li>



<li>L&rsquo;<strong>Université de Cologne</strong> (Allemagne).</li>



<li><strong>Alfred Health</strong> (Australie).</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension internationale de la recherche des équipes de trois pays travaillant sur un même problème biologique fondamental est caractéristique des grandes percées scientifiques modernes. Aucune équipe isolée n&rsquo;aurait pu développer à la fois la technique NoPro-clipping <em>et</em> la démontrer dans des modèles biologiques complets.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que signifie réécrire les manuels de biologie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La phrase du Pr Komander sur la mise à jour des manuels de biologie n&rsquo;est pas une hyperbole destinée aux médias. C&rsquo;est une réalité concrète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis les années 1970, la biologie enseignait que l&rsquo;ubiquitine est une protéine qui se fixe à d&rsquo;autres protéines. Un dogme aussi fondamental que la double hélice d&rsquo;ADN ou la membrane lipidique bicouche. Un principe si établi qu&rsquo;il était enseigné dans tous les cours de biochimie du monde sans jamais être questionné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que ce dogme soit faux, ou du moins incomplet, représente une révision fondamentale de notre compréhension de la chimie cellulaire. Si l&rsquo;ubiquitine peut se fixer aux sucres, peut-elle aussi se fixer aux lipides ? Aux acides nucléiques ? À d&rsquo;autres petites molécules qui constituent le métabolisme cellulaire ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le NoPro-clipping va permettre de répondre à ces questions. Et les réponses, selon les propres mots de Marco Jochem, pourraient révéler que « nous n&rsquo;avons fait qu&rsquo;effleurer la surface ».</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">Source : <a href="https://www.wehi.edu.au/news/sweet-discovery-rewrites-understanding-of-how-our-bodies-store-sugar/">WEHI</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>

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