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Un pays entier veut se passer de Windows : ce que prépare le gouvernement néerlandais avec NixOS

Pays-Bas et NixOS un État veut se passer de Windows

Quand une famille décide de ne plus dépendre d’un seul fournisseur d’électricité, elle installe quelques panneaux solaires. Quand un État décide de ne plus dépendre d’un seul éditeur de logiciels, il lui faut… reconstruire le poste de travail de ses fonctionnaires. C’est précisément ce que font les Pays-Bas avec un projet baptisé DAWO, révélé et commenté partout fin septembre 2026 : un environnement de travail public bâti sur NixOS, un système Linux, pour remplacer Windows.

Chantier titanesque, ambitions politiques, mais aussi beaucoup d’incertitudes. Voyons ce qui est réellement prévu, pourquoi les Néerlandais ont choisi ce système en particulier, et ce que ça pourrait nous apprendre à nous, simples utilisateurs.

DAWO, c’est quoi ?

DAWO signifie Digitaal Autonome Werkomgeving Overheid, soit « environnement de travail numérique autonome de l’État ». L’idée : fournir aux administrations un poste de travail complet qui ne dépende d’aucun géant étranger. Selon les articles consultés, le projet couvre :

Définition :

« souveraineté numérique » C’est la capacité d’un pays (ou d’une organisation) à contrôler ses propres outils numériques : savoir où sont ses données, qui peut les lire, et ne pas voir son informatique coupée du jour au lendemain par la décision d’une entreprise ou d’un gouvernement étranger.

Pourquoi maintenant ? Le déclic de la Cour pénale internationale

Les articles de presse font tous référence au même événement déclencheur. Début 2025, les États-Unis ont pris des sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI), installée à La Haye. D’après plusieurs médias, le procureur en chef de la Cour aurait alors perdu l’accès à ses services Microsoft, dont sa messagerie. Un choc pour les responsables néerlandais, qui ont mesuré à quel point leur propre administration repose sur des décisions prises ailleurs.

Le projet a ensuite pris de l’ampleur : d’abord informel, il est devenu mandat officiel en juillet 2026, par l’intermédiaire de la commission interministérielle chargée du fonctionnement de l’État (selon It’s FOSS et TheNextWeb). Trois services informatiques de l’État (SSC-ICT, DICTU et DUO-ICT) ont reçu la mission de le construire.

Pourquoi NixOS, et pas Ubuntu ou Fedora ?

NixOS est une distribution Linux née aux Pays-Bas (le gestionnaire de paquets Nix est l’œuvre du développeur néerlandais Eelco Dolstra, et la fondation NixOS est basée dans le pays). Selon TechRadar, les équipes ont comparé plusieurs options, dont openSUSE et Fedora, avant de trancher. Le site Servola rapporte le raisonnement : un système dont dépend un État ne devrait répondre à aucune entreprise unique, étrangère ou nationale. openSUSE et Fedora, soutenus respectivement par SUSE et IBM, ne cochaient pas cette case.

Définition : le côté « déclaratif » de NixOS

Imaginez une recette de cuisine ultra-précise : au lieu d’installer des logiciels un par un, vous écrivez la liste de tout ce que l’ordinateur doit contenir, et NixOS construit la machine d’après cette recette. Deux ordinateurs avec la même recette sont identiques. Pour une administration qui gère des milliers de postes, c’est un atout : d’après TheNextWeb, « 80 à 90 % du code Nix est réutilisable » d’un déploiement à l’autre. Et NixOS fonctionne aussi sur du matériel trop ancien pour Windows 11, ce qui permettrait de réemployer des ordinateurs portables que l’on aurait autrement jetés.

Où en est le projet ?

ÉlémentÉtat des lieux
Mandat officielJuillet 2026
Phase actuellePilotes dans 8 communes, coordonnés par l’Association des communes néerlandaises. Quatre sont citées : ‘s-Hertogenbosch, Zaanstad, Ede et Amsterdam.
Prochaine étapePremière version stable attendue « l’an prochain » ; version 1.0 visée en 2027.
Premières migrationsFin 2027 selon TechRadar. Aucun calendrier national définitif n’est annoncé.
Code sourcePublié sur code.overheid.nl
CoûtNon communiqué. Les développeurs préviennent : l’open source « ne coûte pas moins cher, il coûte différemment ».

Remarquez que les sources ne concordent pas tout à fait sur le calendrier (première version stable l’an prochain, version 1.0 en 2027, premières migrations fin 2027). Ces dates ne sont pas contradictoires, mais elles montrent qu’aucun échéancier ferme n’est public.

Les obstacles qui attendent les Néerlandais

Quitter Windows à l’échelle d’un État, ce n’est pas un simple « changement de fond d’écran » :

Autre note : selon TechRadar, les Pays-Bas collaborent avec d’autres initiatives européennes, comme La Suite (France) et openDesk (Allemagne).

Et nous, qu’est-ce qu’on en retient ?

Le projet est ambitieux et cohérent, mais il faudra surveiller le plus important, c’est-à-dire la capacité à rendre le quotidien des agents aussi simple qu’aujourd’hui. Un poste de travail souverain que personne n’aime utiliser ne convaincra personne.

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