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Le Kenya prépare son « open banking » : ce que ça changerait pour les utilisateurs

Open banking Kenya ce que le projet de loi changerait

Imaginez que vous puissiez donner à une application une clé de votre coffre bancaire, mais une clé qui n’ouvre que le tiroir de votre choix, pour une durée limitée, et que vous pouvez reprendre quand vous voulez. C’est, en une image, l’idée de l’open banking. Le 22 septembre 2026, le Trésor et la Banque centrale du Kenya ont publié un projet de loi qui veut inscrire cette idée dans le droit : le National Payment System Bill 2026.

Au pays de M-Pesa, ce texte pourrait remodeler la façon dont les banques, les opérateurs de monnaie mobile et les start-up de la fintech partagent les données financières des Kényans. Voyons ce que le projet prévoit, ce qu’il laisse dans le flou, et ce que cela pourrait changer pour vous, utilisateur.

C’est quoi, l’open banking ?

Définition : open banking (ou « finance ouverte »)

Aujourd’hui, vos données bancaires sont enfermées chez votre banque ou votre opérateur mobile. Avec l’open banking, vous pouvez autoriser une application tierce à les consulter, ou à lancer un paiement à votre place. Exemple concret : une application qui affiche d’un coup tous vos comptes (banque, M-Pesa, Airtel Money), ou qui calcule votre capacité d’emprunt à partir de votre historique réel.

Le projet kényan emploie le terme « finance ouverte » et la définit comme la possibilité, pour des prestataires tiers, d’accéder aux données de paiement d’un client avec sa permission.

Ce que contient le projet de loi

Le texte, rédigé par le Trésor et la Banque centrale du Kenya (CBK), vise à remplacer la loi de 2011 sur le système national de paiement. Il est bien plus large que l’open banking : interopérabilité entre banques et monnaie mobile, commutateur national de paiement instantané, soutien aux paiements transfrontaliers, protection des fonds des clients. Ce qui touche à nos sujets :

Une ressemblance avec l’Europe

Ces deux catégories de prestataires ressemblent beaucoup à celles que la directive européenne DSP2 a créées pour les banques européennes (informations sur les comptes, initiation de paiement). Si vous utilisez en France une application qui regroupe vos comptes, vous connaissez déjà le principe.

Ce que ça changerait pour vous (si le texte passe)

Note : Ce sont des bénéfices potentiels, formulés par les rédacteurs du projet et les médias. Un projet de loi n’est pas une loi : il peut être modifié, retardé ou abandonné.

Ce que le texte ne dit pas encore

C’est la partie la plus importante. Le projet renvoie les détails à de futurs règlements : quelles données peuvent être partagées, dans quelles conditions et à quel coût. Autrement dit, la protection concrète des utilisateurs dépendra de textes qui n’existent pas encore.

Questions ouvertes :
• Quelles données les tiers pourront-ils voir : un solde, ou tout l’historique ?
• À quel coût : le partage sera-t-il gratuit pour les clients et pour les start-up ?
• Quelles sanctions si un prestataire agréé abuse de vos données ?
• Comment cela s’articulera avec la loi kényane de protection des données.

Autre repère : les prestataires existants auraient un an pour se conformer après l’entrée en vigueur de la loi. Il faut aussi un capital minimal pour les nouveaux agréments, de 5 à 250 millions de shillings kényans selon la catégorie.

Et maintenant ? Le calendrier

Quelques réflexes de prudence, partout dans le monde

Le Kenya a un atout rare : une infrastructure de monnaie mobile massivement utilisée. L’ouvrir à des services tiers pourrait donner naissance à des applications utiles, notamment en matière de crédit. Mais tout dépendra des règlements à venir : sans règles claires sur les données, les coûts et les sanctions, le consentement risque de n’être qu’une case à cocher. Une affaire à suivre de près.

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