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Arm Mali G2-Ultra NX : votre futur smartphone va-t-il enfin rivaliser avec un PC ?

Arm Mali G2-Ultra NX votre futur smartphone va-t-il enfin rivaliser avec un PC

Le 8 septembre 2026, Arm, l’entreprise britannique dont les plans de puces équipent la quasi-totalité des smartphones Android du monde, a dévoilé le Mali G2-Ultra NX, son premier GPU mobile qualifié d’« IA-natif ». L’idée, en une phrase : plutôt que de forcer la puce graphique à calculer chaque pixel d’une image à la manière traditionnelle, ce nouveau composant utilise l’intelligence artificielle pour reconstruire une image de haute qualité à partir d’une version basse résolution, beaucoup plus rapide à calculer. Un principe qui rappelle immédiatement une technologie bien connue des joueurs sur PC.

Le même principe que le DLSS de Nvidia, mais sur votre téléphone

Sur PC et consoles, la technologie DLSS de Nvidia a révolutionné les jeux vidéo ces dernières années en permettant d’afficher des images de très haute qualité tout en calculant, en réalité, une résolution plus basse, l’intelligence artificielle se chargeant ensuite de « deviner » les détails manquants pour reconstruire une image nette. Le Mali G2-Ultra NX applique exactement la même logique, mais cette fois directement dans la puce graphique d’un smartphone.

💡 Pour les non-initiés : pourquoi ne pas simplement calculer l’image en pleine résolution directement ? Calculer chaque pixel d’une image en haute résolution demande énormément de puissance de calcul, donc de batterie et de chaleur, deux ressources particulièrement limitées sur un téléphone. En calculant une image à résolution réduite, puis en utilisant un réseau de neurones entraîné pour la « compléter » intelligemment, on obtient un résultat visuellement proche d’une image calculée en pleine résolution, mais pour une fraction du coût énergétique. C’est un peu comme demander à un dessinateur expérimenté de terminer un croquis à partir d’une esquisse plutôt que de dessiner chaque détail à la main depuis le début : le résultat final peut être très convaincant, pour beaucoup moins d’effort.

Trois technologies au cœur de la puce

Contrairement à la plupart des puces précédentes, où l’intelligence artificielle est traitée par un processeur séparé (un NPU), Arm a choisi d’intégrer des accélérateurs neuronaux directement à l’intérieur des cœurs de calcul graphique (shader cores). Cette intégration permet de partager la mémoire et les caches du GPU, réduisant les déplacements de données inutiles entre composants.

📌 À noter : une démonstration concrète, avec des jeux déjà engagés

Pour illustrer ces technologies, Arm a développé avec le studio Sumo Digital une démo baptisée Neural Dawn, sous Unreal Engine, qui revendique jusqu’à 4 fois plus d’efficacité et jusqu’à 70 % de trafic mémoire externe en moins par rapport à un rendu traditionnel. Selon Arm, ce gain rendrait praticable sur mobile des techniques avancées comme le MegaLights d’Unreal Engine 5, jusqu’ici réservées aux configurations puissantes. Plusieurs jeux commerciaux ont déjà annoncé intégrer ces technologies : Where Winds Meet (NetEase), Arena Breakout Infinite (Tencent Games) et Infinity Nikki (Infold Games).

Arm répond directement à Qualcomm

Cette annonce s’inscrit dans une course engagée entre les principaux fournisseurs de puces mobiles : Arm comme Qualcomm ont désormais choisi d’intégrer du matériel dédié à l’intelligence artificielle directement à l’intérieur du GPU, plutôt que de s’appuyer uniquement sur une puce neuronale séparée. Pour Arm, dont les plans de puces sont licenciés par la quasi-totalité des fabricants de processeurs mobiles à travers le monde (à l’exception notable d’Apple, qui conçoit ses propres puces), ce positionnement marque une volonté assumée de se présenter davantage comme une entreprise d’infrastructure IA que comme un simple fournisseur de plans de processeurs mobiles.

Le Mali G2-Ultra NX est proposé aux côtés d’un nouveau cœur processeur, le Arm C2-Ultra, doté du support SME2 (Scalable Matrix Extension 2) pour le calcul matriciel d’IA embarqué, avec des gains annoncés allant jusqu’à 15 % de performance monocœur supplémentaire, ou jusqu’à 38 % de consommation en moins à performance égale par rapport à la génération précédente.

Ce qu’il faut garder en tête avant de s’emballer

Deux précautions s’imposent avant de considérer cette annonce comme une révolution déjà présente dans votre poche.

⚠️ « Premier GPU Mali IA-natif » ne veut pas dire « déjà dans votre téléphone »

Arm n’a communiqué aucune date de disponibilité générale ni de liste de partenaires au-delà d’un seul appareil confirmé à ce stade : le Xiaomi 18 Fold, un smartphone pliable réservé au marché chinois, équipé d’une puce Xring O3 personnalisée. « Premier GPU Mali IA-natif » signifie donc « premier annoncé », pas « premier disponible en boutique », un délai habituel existe toujours entre l’annonce d’un plan de puce par Arm et sa sortie effective dans un appareil grand public commercialisé largement.

Second point de vigilance : l’ensemble des chiffres d’efficacité énergétique et de performance mis en avant par Arm (jusqu’à 4 fois plus d’efficacité, jusqu’à 70 % de trafic mémoire en moins) provient de tests réalisés en interne par l’entreprise elle-même, entre mars et août 2026, selon les mentions légales de sa propre documentation produit. Les précédentes générations de puces Arm ont parfois affiché des pourcentages plus optimistes en interne que ceux mesurés ensuite de manière indépendante par des testeurs externes une fois le matériel réellement disponible, une prudence de bon sens s’impose donc avant de considérer ces chiffres comme acquis.

🗣️ On ouvre le débat

Le futur des graphismes mobiles passera-t-il vraiment par la reconstruction d’image assistée par IA plutôt que par la puissance de calcul brute, comme le parie Arm avec ce nouveau GPU ?
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